Jeudi 10 mars 2011
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Avec l’arrivée de l’hiver, la pluie, le froid et les journées courtes nous incitent à rester au coin du feu et nous laissent le temps
de penser voire de méditer sur des questions existentielles de la plus haute importance.
Il est un domaine propice à cette méditation : l’Hermétisme ou science
d’Hermes.
Son enseignement est fait de sept principes
très instructifs et nous pouvons nous faire aider à leur compréhension d’un livre qui s'appelle le Kybalion mais il est un des principes dont
je vois l’application tous les jours devant moi et à travers moi c’est la loi de causalité ou loi de cause à effet qui peut s’énoncer ainsi :
toute cause à un effet, toute effet à une cause. De là nous pouvons en tirer deux choses. (selon une autre loi d’Hermes : la loi de polarité qui dit que ‘tout est double’)
La première est que si l’effet est précédé de la cause, la cause elle même peut-être l’effet
d’une autre cause qui elle même peut-être précédée d’une autre cause et ainsi de suite jusqu’à une cause initiale. Ainsi si l’on prend l’exemple d’un verre qui tombe parterre et se brise, cet
effet a pour cause la chute du verre qui est elle même l’effet d’une cause précédente comme un geste maladroit qui a lui même une cause telle que la
présence du maladroit à proximité du verre (ou l’inverse) et ainsi de suite nous pourrions remonter à la cause première qui assurément nous amènerait à l’acte du créateur, première cause de
l’existence du verre, du maladroit et des gestes qu’il peut faire.
Mais ce qui me paraît intéressant de noter c’est la deuxième chose à savoir que un effet contient en lui même sa cause et une cause contient son effet, ce qui par un anthropomorphisme osé pourrait être assimilé à de l’immanence
c’est à dire selon le Dictionnaire de l’Académie Française : ‘Qui agit à l’intérieur des êtres d’une manière continue, constante, par opposition à Ce qui agit sur eux
extérieurement.’ ou pour le dictionnaire Littré : ‘Qui est existant à l’intérieur même des êtres et non opérant du dehors’ autrement dit qui ne
résulte pas de l’action humaine et selon Spinoza Dieu est dit ‘la cause immanente des choses’ ce qui rejoint ce qui est dit plus haut sur la cause première de toute chose.
Mais il est un autre domaine ou l’immanence est omniprésente : la justice. Nous la
côtoyons et la vivons tous les jours mais que savons nous d’elle, qui est elle et comment agit-elle ?
Si l’on admet que la justice c’est la réponse parfaite à tout acte, sous forme de récompense
ou de punition, selon l’action menée, dans le cas de la justice immanente c’est une réponse qui se fait sans l’intervention de l’homme puisque l’action comporte en elle même sa sanction. Ainsi
lorsque nous nous nous fâchons avec une personne, quelque en soit le motif, outre le fait que nous avons cédé au démon de la colère, nous nous punissons nous même car en rompant toute relation
avec elle nous nous privons de tout ce qu’elle pouvait nous apporter. De plus nous sommes allé contre des vertus comme la tolérance, le pardon, ou le non jugement, alors que nous trouvons à
foison, dans un livre que nous connaissons bien et plus particulièrement les quatre Evangiles, des paraboles qui nous enseignent le contraire comme ‘la paille et la poutre’ qui dit ‘Ne jugez pas
afin de n’être pas jugé, du jugement dont vous jugez on vous jugera, et de la mesure dont vous mesurerez on mesurera pour vous’ (Mt 7-1) ou
celle de ‘l’enfant prodigue’ qui prône le pardon (Lc 15-11). Bien sur nous avons la satisfaction d’avoir punit cette personne ou de ne pas
nous être laissé marcher ‘sur les pieds’ mais en vérité nous ne punissons que nous même. De plus, de par l’immanence de tout chose cette punition que nous allons appliquer va nous valoir en
retour une punition qui ne viendra pas des hommes mais de cette force qui est en nous et autour de nous et qui nous apporte les épreuves que nous connaissons. Certains l’appelleront le destin,
d’autres la justice immanente. C’est cette perception intuitive du monde populaire qui a forgé quelques dictons comme ‘bien mal acquis ne profite
jamais’ ou ‘comme on fait son lit on se couche’.
Cette réflexion m’a fait penser qu’ainsi, lorsque l’on cédait à nos défaut nous devions
attendre en retour quelques désagréments que nous imputerions fatalement à ‘l’autre’ sans voir que ce n’était que la réponse à notre mauvaise action et que les épreuves reviendront inlassablement
jusqu’à ce que nous prenions conscience de notre propre esclavage.
Je suis convaincu qu’à l’inverse la pratique de vertus tel que la tolérance, le pardon, le
non jugement, le non vouloir, l’altruisme et la fraternité, dans un esprit charitable et non par intérêt ou calcul, ne peut qu’interrompre le cycle infernal des ‘désagréments’ et nous apporter
joie, bonheur et félicité mais comment y arriver.
Ce qui me paraît le
plus difficile c’est que nous entreprenons une démarche tout en restant immergé dans la vie de tous les jours où les tentations sont omniprésentes et c’est un exploit de pouvoir mener de front
ses obligations familiales, sociales et professionnelles tout en vivant sa quête spirituelle.
Le but de cette quête, même si il n’est que de l’ordre du ressenti, de l’inconscient, est
bien de travailler sur le changement de nous même en vue d’être l’Homme Nouveau qui pourra devenir un chevalier de haut rang et assurerra son combat au coté des Forces du
Bien.
Je pense qu’il n’est pas assez dit et entendu que le le destin de d'Homme ont cette origine
et cette finalité et que nous ne sommes pas venu cherché une simple culture, certes intéressante, mais sans ce travail de purification et d’élévation, la Connaissance pour soi-même est un bien
stérile
Cette queste, dont nous parlons souvent, consiste à acquérir des qualités comme la patience,
l’humilité, la modestie et d’autres encore, en nous imposant de pratiquer l’obéissance, le service et l’écoute dans le silence, non pas comme une punition mais comme des exercices réguliers comme
fait le sportif en vue de réaliser un bon score à la prochaine compétition.
Au lieu de cela beaucoup de nos semblables conservent, dans les relations avec
les autres, les pratiques néfastes du monde matériel. En matière de silence il est ‘amusant’ de rappeler que dans l’antiquité les nouveaux entrants, dans les sociétés initiatiques, étaient
tenus au silence à moins qu’on ne les interroge et encore de nos jours cette pratique est toujours en vigueur dans certaines sociétés dites ‘secrètes’ voire certains temples religieux.
Aujourd’hui ce sont souvent les nouveaux membres qui émettent des avis péremptoires sur des situations qu’ils ne connaissent pas, portent des
jugements et accusent les plus anciens de scier la branche sur laquelle ils sont assis sans s’apercevoir que c’est eux qui tiennent la scie. Quel dommage car ils ne tireront jamais profit de
l’enseignement qui leur est donné et partiront en claquant la porte croyant avoir raison mais se punissant eux-mêmes. Et ce qui est plus grave c’est que des novices impressionnés par ces beaux
phraseurs vont leur emboîter le pas et partir à leur tour, se privant d’une chance de faire évoluer leur être intérieur. Je pense fermement que chacun de nos actes, paroles, pensées portent en
eux leur conséquence et que nous pouvons changer notre destin en reprenant en main notre vie et selon la loi de l’immanence nous devrions atteindre rapidement l’état de chevalier nécessaire
pour l’accomplissement de notre Destin.